Mon enfance

J'ai en partie grandi à SAINT - JULIEN chez mes grands-parents pendant la guerre éloigné de ma mère, restée seule à SAINT - ETIENNE et orphelin de mon père, prisonnier en Allemagne au stalag IIB. En ce temps, le monde paysan, qui constituait encore la moitié de la population française, a assuré notre survie. A la Libération, c'était encore l'époque de la classe unique à l'école, du troc (la douzaine d'oeufs qui constituait la monnaie d'échange valait au commerçant qui desservait le village le surnom de "coquetier") et du matriarcat. En effet, hormis les travaux des champs et de la forêt, ma grand-mère régentait tout. C'est elle, en particulier, qui rasait mon grand-père le dimanche matin et qui ressortait pour lui le bourgeron du dimanche pour aller à la messe et faire ensuite  la tournée des trois bistrots du village. La fête hebdomadaire se terminait pour lui à l'Angélus de midi qui sonnait la récupération du bourgeron de la semaine jusqu'au dimanche suivant, la prochaine fête carillonnée ou un des évènements familiaux prévus (mariages) ou fortuits (décès) qui constituaient les seules occasions de rencontres familiales.